dimanche 02 octobre 2022 - 8:02:00 P.

L'envoyé spécial des EAU pour le climat présente la voie à suivre pour une transition énergétique pratique, réaliste et économiquement viable


NEW YORK, 22 septembre 2022 (WAM) -- Le ministre de l'Industrie et des Technologies avancées et envoyé spécial pour le changement climatique, Dr. Sultan bin Ahmed Al Jaber, s'est joint aujourd'hui à des dirigeants, ministres et experts mondiaux lors du Bloomberg 'Emerging + Frontier Forum', qui se déroule en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, pour souligner la nécessité d'une transition énergétique juste, abordable et réussie afin de stimuler à la fois la croissance économique et l'action climatique.

Dans son discours d'ouverture, Dr. Al Jaber a fait remarquer que la transition énergétique doit s'appuyer sur un plan réaliste, pratique et économiquement viable pour réussir à faire progresser le climat tout en assurant la sécurité énergétique et la croissance économique.

"Si les besoins énergétiques de base des gens ne sont pas satisfaits, le développement économique ralentit et l'action climatique aussi. Et si nous sous-investissons dans le système énergétique d'aujourd'hui, avant que le système énergétique de demain ne soit prêt, nous ne ferons qu'aggraver la situation."

"Au niveau mondial, il y a moins d'un million et demi de barils de capacité pétrolière de réserve, soit moins de 2% de la consommation mondiale. Dans un monde où les marchés pourraient être confronté à de nouvelles perturbations, cela ne nous donne pas une grande marge de manœuvre. En fait, c'est une recette pour le désastre, alors que ce dont nous avons besoin est une recette pour le progrès."

Dr. Sultan a ajouté : "Les défis fondamentaux de la transition énergétique sont les suivants : 1 - Comment faire en sorte que les économies progressent, tout en freinant les émissions.

2 - Comment maintenir la sécurité énergétique et le progrès climatique en même temps.

3 - Comment s'assurer que personne n'est laissé pour compte. Je crois que nous pouvons, nous devons, et en fait nous n'avons pas d'autre option, que de résoudre ces défis ensemble."

"Avant de chercher des solutions, nous devons reconnaître que le système énergétique actuel est vaste, complexe et à multiples facettes. Et la transition vers un nouveau système énergétique nécessite une réponse à l'échelle du système. Elle nécessite une planification mesurée, pratique et sobre.

En bref, nous avons besoin d'une stratégie réaliste pour maintenir l'augmentation des températures mondiales à moins de 1,5 degré, tout en élargissant l'accès à une énergie abordable."

Le ministre s'est félicité du fait que les énergies éolienne et solaire ont représenté plus de 80% de l'ensemble des nouvelles capacités de production d'électricité l'année dernière, ce qui prouve que ce secteur se tourne rapidement vers les sources renouvelables. Toutefois, il a rappelé à l'auditoire que les secteurs difficiles à maîtriser et qui consomment le plus d'énergie sont encore très dépendants des sources conventionnelles.

M. Al Jaber a souligné que "des investissements beaucoup plus importants sont nécessaires dans les technologies d'atténuation et les énergies à zéro carbone, qui peuvent assurer une transition efficace vers l'industrie lourde, la fabrication, la construction, le transport et l'agriculture. Le déficit de financement est considérable et il est important de comprendre les chiffres. Alors que les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont dépassé 365 milliards de dollars l'année dernière, moins de 5% de ce montant ont été investis dans le stockage de l'énergie, la capture du carbone et la chaîne de valeur de l'hydrogène. Ce n'est tout simplement pas suffisant. En fait, selon certaines estimations du secteur, la transition énergétique nécessitera plus de 200 trillions de dollars au cours des trente prochaines années, soit plus de six trillions de dollars par an. Il est clair qu'aucun pays ou société ne peut à lui seul payer cette facture".

M. Al Jaber a souligné que l'expansion des énergies renouvelables et la dé-carbonisation des hydrocarbures existants devaient se faire en parallèle. Les énergies renouvelables ne représentant que 4% du bouquet énergétique mondial, le pétrole et le gaz restent essentiels pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux.

Leader régional dans le domaine des énergies renouvelables, les Emirats arabes unis ont investi 50 milliards de dollars dans des projets d'énergie renouvelable dans 70 pays, et prévoient d'investir 50 milliards de dollars supplémentaires dans les années à venir. Les Emirats arabes unis abritent trois des plus grandes centrales solaires à site unique du monde et accueillent l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Parallèlement, les Emirats arabes unis sont à la pointe des efforts visant à dé-carboniser l'industrie des hydrocarbures, en investissant massivement dans le captage et le stockage du carbone, et en explorant d'autres technologies innovantes.

Les remarques du Dr. Al Jaber au Bloomberg Emerging Frontier Forum interviennent à un moment où le monde est confronté à une insécurité énergétique accrue, combinée à une pression croissante pour mieux faire face à la menace du changement climatique. Grâce à leur vaste expérience dans le domaine de l'énergie, qui englobe à la fois le pétrole et le gaz conventionnels et les énergies renouvelables, et à leur leadership en matière d'action climatique, les Emirats arabes unis sont bien placés pour contribuer à façonner la transition énergétique mondiale à l'approche de la COP28 EAU.

Le sommet sur le climat de la COP28 des EAU, qui se tiendra à Dubai Expo City en novembre 2023, verra également la conclusion du tout premier bilan mondial de l'accord de Paris, un "rapport sur les progrès accomplis". Dr. Al Jaber a noté qu'une transition énergétique juste serait centrale pour combler les lacunes et accélérer les progrès.

"Le succès dépend de l'adoption des dernières technologies pour réduire les émissions des énergies que nous utilisons aujourd'hui, tout en créant les énergies de demain. Pour réussir, il faut ne laisser personne de côté et faire en sorte que le progrès et la prospérité soient accessibles à tous, et pas seulement à quelques-uns. Et le succès exige une approche globale qui inclut toutes les parties prenantes qui peuvent influer sur le résultat, en particulier le secteur de l'énergie. Car, en fin de compte, la transition énergétique représente le projet d'ingénierie le plus complexe et le plus capitalistique de l'histoire. Et personne ne sait mieux que le secteur de l'énergie comment mener à bien des projets d'ingénierie complexes et à forte intensité de capital."

Traduit par : Gihane Fawzi.

http://wam.ae/en/details/1395303085899

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